“Je parle donc j'attends?”: langage et autocontrôle chez le jeune enfant

    loading  Checking for direct PDF access through Ovid

Abstract

Résumé

Peu d'études examinent la genèse du développement de l'autorégulation ainsi que les éléments corrélatifs de l'autocontrôle, lequel, selon Kopp (1982), représente la phase précédant l'autorégulation. D'une part, cette étude vise à préciser les liens entre l'autocontrôle et les habiletés langagières durant la petite enfance et, d'autre part, à examiner la question des différences entre les sexes dans le domaine de l'autocontrôle. L'échantillon comprend 67 enfants francophones dont 32 étaient âgés de 18 mois (18 garçons et 14 filles) et 35 de 24 mois (13 garçons et 22 filles). Lors d'une rencontre au domicile familial, trois tâches d'attente d'une récompense servent à évaluer l'autocontrôle de l'enfant (voir Vaughn, Kopp et Krakow, 1984) et la sous-échelle “ouïe-language” du test Griffiths Mental Development Scales (GMDS: Griffiths, 1954) contribue à apprécier le développement langagier de l'enfant. Les résultats montrent que l'autocontrôle varie selon l'âge et le sexe: les enfants de 24 mois attendent davantage que ceux de 18 mois (p < .001) et les filles manifestent plus d'attente que les garçons (p < .01). La relation entre l'attente et le score à la sous-échelle “ouïe-langage” du GMDS n'est pas significative à 18 mois (r = ,05, p = .79), alors qu'à 24 mois, ces deux variables sont liées (r = ,34, p < .05). Le lien, entre le langage et l'attente démontrée à deux ans, appuie la perspective sociohistorique du développement de l'autorégulation (Vygotski, 1934/1985) et le résultat concernant la supériorité des filles ravive la question des différences entre les sexes dans le domaine de l'autocontrôle.

Few studies examine the genesis of the development of self-regulation or the corresponding elements of self-control which is, according to Kopp (1982), the stage preceding self-regulation. This study is an attempt to specify the association between self-control and language skills in early childhood, and to examine the issue of gender variations with respect to self-control. The test group consisted of 67 Francophone infants including 32 18-month old (18 boys and 14 girls) and 35 24-month old children (13 boys and 22 girls). During an interview in the family home, three reward expectation tasks were administered to assess the child's self-control (see Vaughn, Kopp and Krakow, 1984) and the Hearing and Speech Subquotient of the Griffiths Mental Development Scales test (GMDS: Griffiths, 1954) was used to help assess the child's language development. Results demonstrated that self-control varies depending upon age and sex: the 24-month old children expected more than the 18-month olds (p < .001) and girls exhibited more expectations than boys (p < .01). The relationship between expectation and the GMDS Hearing and Speech Sub-quotient score was not significant for 18 months (r = .05, p = .79), however for 24 months these two variables were associated (r = .34, p < .05). The relationship between speech and expectation evidenced at two years of age supports the socio-historical perspective for the development of self-regulation (Vygotski, 1934/1985) and the results concerning the superiority of girls revive the question of gender-specificity in the area of self-control.

Related Topics

    loading  Loading Related Articles